Clément-Féréol

Episode 62 – N’est pas chanteur du dimanche qui veut

Posté en Le tourbillon de ma vie par Clément Féréol à 29 octobre 2009

Si vous êtes un habitué du dimanche ou bien un catholique de l’enfance largué après sa première communion vous connaissez la tête de la personne qui fait chanter dans votre paroisse. Vous connaissez aussi le mouvement de son bras qui s’agite dans le vent. Vous ne comprenez pas non plus la signification de son bras en haut, puis sur le coté, ce poignet qui se ferme en fin de chanson.

La personne qui fait chanter pour peu se prend pour Céline Dion alors qu’elle a le mérite d’être recalée du casting de nouvelle star.

Elle peut aussi prendre des allures de Mireille Mathieu ou de Pavarotti. Enfin bon, la dernière fois, au détour du recrutement pour les services paroissiaux : je me suis engagé. (On dirait que c’est l’armée).

Oui, d’ailleurs c’est un combat. il faut faire face à Georgette et Françoise qui veulent chanter tous les dimanches. Patrick et Roger qui vous font les gros yeux (Une sur-concentration de testostérone sûrement) car leur petit bout de femme ne peut pas chanter et ils n’auront pas droit à la prière universelle. Il y a aussi la diva qu’il ne faut pas bouger de son estrade.

A force de mail (ça me rappelle souvent les négociations d’interviews) j’ai réussi (parfois) à obtenir l’animation de messe. Au delà du fait de chanter devant quelques centaines de personnes c’est aussi et surtout un service que l’on rend : “a way to pray” en quelque sorte (manière de prier). (je sais le dire en anglais donc je l’ai dit en anglais!).

Exit la diva, Georgette, Françoise, Patrick, Roger & Co : Clément est dans la place.

Petite montée sur l’estrade dont je vais très vite m’écrouler avec le stress. J’agite mon bras (là vous n’imaginez pas les heures d’entrainement que je ne regrette pas en étant gosse à la sortie de la messe (j’ai une de mes sœurs qui en sait quelque chose : on se battait déjà pour obtenir le rôle du chanteur du dimanche)), les gens me regardent avec des yeux ronds, je stresse, je tremble, je rougis (le premier jour j’avais mis un pull rouge en plus…), j’agite le bras… Premier chant passé.

Imaginez la tête de la diva, Georgette, Françoise, Patrick, Roger & Co. La diva m’encourage parfois, Georgette me dit que je me suis trompé de couplet et Roger me fait un petit sourire.

 

Je ne vais pas vous faire un cours de liturgie… j’avais juste l’envie de vous dire que remuer son bras dans le vent c’est une sacrée épreuve le dimanche : aussi grande que celle pour arriver sur l’estrade…

 

Nos paroisses sont tout de mêmes ancrées dans leurs petites habitudes, parfois ça me donne des petites colères. “Aimez vous les uns les autres” et “Chantez!”.


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